Le Révérend Claude Noël, pasteur de l'Église de l'Alliance de Ste-Foy, raconte que ces colons Huguenots de la Nouvelle-France étaient présents dans toutes les couches sociales de l'époque. Seigneurs, marchands, soldats aussi bien que paysans influencèrent ensemble l'histoire du Québec naissant.
Entre 1540 et 1629, sur les onze gouverneurs qu'il y eut en Nouvelle-France, six étaient huguenots. Pierre Du Gua de Monts présida à la fondation de Québec. L'épouse de Samuel de Champlain, Hélène Boulé, était une chrétienne protestante dévouée qui influença grandement son mari et sa famille. Il nous faut mentionner également les ‘filles du roy', ces jeunes filles, dont plusieurs étaient protestantes, envoyées de France pour se marier et peupler la nouvelle colonie.
Les célébrations du 400e commémoreront ce passé oublié par une exposition au Musée de l'Amérique relatant cette influence. (6 mai 2008 au 22 mars 2009, Musée de l'Amérique française, Une présence oubliée: les Huguenots en Nouvelle-France). oubliée: les Huguenots en Nouvelle-France).
L'Église catholique s'opposa durement à la présence protestante et la persécution s'accrut au même rythme que l'influence de l'Église de Rome augmentait. ‘‘Les conflits n'opposaient pas uniquement les français et les anglais, mais aussi les français catholiques et protestants.''
Mgr François de Laval (fondateur de l'université Laval) fut l'un des porte-étendards en vue d'éradiquer la présence protestante (loi sur l'interdiction aux protestants de s'assembler). Les huguenots subirent aussi des pressions économiques par le boycotte ou le retrait de leurs entreprises.
‘‘Les franco-protestants furent chassés de la Nouvelle-France alors que les anglo-protestants furent autorisés à y rester et ce, bien avant Montcalm et Wolfe.'' Ce type de persécution s'est poursuivi jusque dans les années 1950 sous le gouvernement de Maurice Duplessis.
Très rapidement, la notion du catholique romain français et du protestant anglais émergea dans la culture québécoise et dura jusqu'à la ‘Révolution tranquille' dans les années 1960. Le pasteur Noel souligne que cette notion est encore très présente dans le Québec postmoderne. La foi catholique romaine y est encore dominante bien que, pour plusieurs, elle soit surtout une réalité culturelle et historique plutôt qu'une foi réelle.
‘‘Nous désirons que les gens ici reçoivent la vraie foi catholique, Jésus-Christ pleinement adéquat.'' Ceci nécessite un effort accru de la part des évangéliques pour influencer le Québec.
En plus des efforts d'évangélisation des dernières années, les évangéliques du Québec, l'Alliance incluse, ont élaboré un projet spécial pour rejoindre les québécois lors des célébrations du 400e. Plus de 400 000 copies d'une édition spéciale de l'Évangile de Jean ont été distribuées dans la grande région de la Capitale Nationale et au-delà. Des activités publiques, tels des concerts ou du théâtre, ont été présentées par des artistes francophones et anglophones.
‘‘Le 400e de Québec représente pour nous une des plus grandes opportunités de partager l'Évangile depuis Expo 67 à Montréal,'' affirme le pasteur Noël. Au moment d'écrire ces lignes, on note certaines confessions de foi et une centaine de personnes qui ont manifesté de l'intérêt à approfondir le message de l'Évangile.
Du même souffle, l'Alliance chrétienne et missionnaire au Québec est engagée dans une vision stratégique visant à atteindre le Québec contemporain. À une époque où être canadien français signifiait être catholique romain, de nos jours, beaucoup se sont éloignés de cette foi, affirme le pasteur Noël. Ceci ouvre des portes d'opportunités dans la vie des gens qui cherchent des réponses à leurs besoins spirituels.